INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Digital Attitude | Faut‐il prendre son billet pour le cloud ?

Jean Romero
Jean Romero

Digital Advisor chez Microsoft

 

Pour se transformer en « digital et data company », de plus en plus d’entreprises entreprennent le fameux « voyage vers le cloud ». Les enjeux sont multiples : réduction des coûts, rationalisation des infrastructures existantes, simplicité, agilité, innovation… Mais comment fonctionne le cloud ? Quels sont bénéfices concrets que peuvent apporter le cloud ? Et surtout, comment gérer ce type de transformation au sein d’une grande entreprise ?

Le « voyage vers le cloud »  ?

Premiers éléments de réponse de notre digital advisor John Reynolds…

 

Afin de compléter les propos de John, il convient d’ores et déjà de différencier les 3 grands types de cloud :

  • IaaS : « Infrastructure as a Service ». Il s’agit de la pratique la plus courante aujourd’hui. Nous parlons ici d’un accès à un « parc informatique virtualisé » constitué de machines virtuelles sur lesquelles le consommateur peut installer un système d’exploitation et des applications. Le consommateur est ainsi dispensé de l’achat de matériel informatique.
  • PaaS : « Platform as a Service ». Ici, le système d’exploitation et les outils d’infrastructure – système d’opération tel que « Windows 10 », et « middlewares » tels que l’IOT, l’IA, SQL Server, etc. – sont sous la responsabilité du fournisseur. Le consommateur a donc le contrôle des applications et peut ajouter ses propres outils.
  • SaaS : « Software as a Service ». Ici, des applications sont directement mises à la disposition des consommateurs. Elle peuvent être manipulées à l’aide d’un navigateur Web, ou installées de façon locative sur un PC, et le consommateur n’a pas à effectuer de mises à jour, à ajouter des patches de sécurité ou à assurer la disponibilité du service. C’est par exemple le cas de l’application de collaboration « Office 365 » ou de l’application e‐mail « Gmail ».

IaaS PaaS SaaS Modèles du cloud

Les caractéristiques essentielles du cloud sont les suivantes :

  • Ressources en libre‐service : La capacité de stockage et la puissance de calcul sont adaptées automatiquement au besoin d’un consommateur, ce qui permet un gain de temps et d’argent potentiellement très conséquent.
  • Ouverture : les services cloud sont mis à disposition sur Internet et utilisent des techniques standardisées permettant aux consommateurs de s’en servir sur tous les devices (ordinateur, téléphone, tablette).
  • Mutualisation : elle permet de combiner des ressources hétérogènes (matériel, logiciel, trafic réseau) en vue de servir plusieurs consommateurs à qui les ressources sont automatiquement attribuées. La mutualisation améliore l’évolutivité et l’élasticité et permet d’adapter automatiquement les ressources aux variations de la demande.
  • Paiement à l’usage : la quantité de service consommée dans le cloud est mesurée, ce qui permet à la fois (i) de contrôler les activités, (ii) d’adapter les moyens techniques, (iii) de facturer automatiquement et de façon transparente en fonction de la consommation.

Qui est concerné ?

Ces conversations concernent potentiellement tous les types d’entreprises, quels que soient leur taille et leur secteur, mais il est évident que les entreprises avec une grande « legacy IT », une agilité limitée, ou des données et applications sensibles, sont souvent moins en avance sur ces sujets. C’est notamment le cas des entreprises du secteur public et de la finance par exemple.

Quel que soit le type d’entreprise, les principaux déclencheurs du « voyage vers le cloud » sont les suivants :

  • Un sinistre majeur et une recherche d’une amélioration des SLA : une baie de stockage n’offrant plus le niveau de redondance requis, une infrastructure instable et des middlewares dans des versions qui ne sont plus supportées… Voilà qui nécessiterait des investissements hors de portée immédiate ou aux prix d’arbitrages budgétaires très compliqués ;
  • La difficulté à adresser de nouveaux services tels que IoT (Internet des Objets) ou l’IA (Intelligence Artificielle) : la complexité technique et les compétences requises ne sont pas accessibles rapidement, imposent des temps de formation voire des recrutements externes difficilement supportables sur le long terme.
  • Une insatisfaction croissante de métiers, qui ont opté plus ou moins discrètement pour des solutions tierces en mode « shadow‐IT », et qui demandent ensuite que celles‐ci soient intégrées au SI.

Ces sujets sont majoritairement gérés par le département IT. Les équipes de développement chez les métiers, ainsi que la direction générale, sont souvent impliqués dans ces conversations, étant donné l’importance que le cloud peut avoir sur les coûts opérationnels, l’organisation interne, et l’innovation des entreprises.

Quels sont les bénéfices majeurs ?

Trois grandes approches se dégagent suivant les objectifs recherchés :

1. L’amélioration de l’efficacité opérationnelle avec un déplacement des applications dans le Cloud en mode IaaS. Cette transformation peut se faire en quelques secondes, alors qu’il faut des mois pour acquérir et mettre en place de nouveaux serveurs… la réduction des coûts est donc potentiellement très importante.
2. L’augmentation de l’innovation différenciatrice à travers le développement de nouveaux services PaaS dans le Cloud, avec de l’IOT, de l’IA, etc.
3. L’optimisation de l’agilité « métier » avec l’élaboration et la mise à disposition de nouveaux services et de solutions dans les temps du marché.

Quelle que soit l’approche, il convient également de prendre en compte la réduction des coûts, la simplicité et la transparence que le cloud peut apporter.

Quels facteurs doivent être pris en compte ?

Plusieurs facteurs doivent être pris en compte par les entreprises :

  • L’organisation et les compétences : « Ai‐je le savoir‐faire ? », « Quel est le bon processus opérationnel à adopter ? », « Quelles compétences doit‐on acquérir ? » ; « Le développement doit‐il se faire par l’IT ou par les métiers » ?
  • La sécurité
  • Le business case

> IaaS : Nombre de serveurs X temps d’utilisation
PaaS : Nombre d’appels/requêtes (plus difficile à analyser)
> SaaS : Nombre d’utilisateurs

Où en sont les entreprises dans leur transformation ?

D’après une étude réalisée à la fin de l’année 2016 sur une base de 100 entreprises européennes de tailles variables, 93 % disaient utiliser des services Cloud :

  • 30% en mode Cloud public uniquement ;
  • 58% en mode hybride : public et privé ;
  • 5% en mode Cloud privé uniquement ;

La transformation est en route, mais le chemin à faire est encore long, surtout dans les entreprises du secteur public et de la finance.

Un exemple concret ?

Les exemples de transformation numérique sont très nombreux, et surtout très variés, étant donné les différences de maturité, d’organisation, et d’objectifs qui existent entre les grandes organisations. Néanmoins, la transformation de Schneider Electric est intéressante, puisque cette organisation innove depuis de nombreuses années pour servir son business. Découvrez comment :

 

Comment démarrer un projet ?

Pour prendre en charge le programme de migration du datacenter d’une entreprise, il est primordial de définir un plan stratégique de bascule vers la plateforme cloud. Les trois premiers points qui seront traités lors de cette étude seront :

1. La revue stratégique du positionnement de la nouvelle offre IT compte tenu de l’environnement concurrentiel de l’hébergeur/partenaire.

2. Le bilan économique des scénarios identifiés (Business Plan)

3. L’évaluation haut niveau des prérequis techniques, opérationnels et organisationnels

 

Dans un second temps, nous analyserons plus en détail les éléments à prendre en compte lors de cette étude.