IA et santé : de nouvelles promesses

Rendre la médecine plus efficace, améliorer les traitements des patients : l’intelligence artificielle au service de la santé.

Pour venir en aide aux professionnels de la santé, les algorithmes et ordinateurs peuvent, au même titre que les tubes à essai et les béchers, contribuer à développer des remèdes poussés. Avec la démocratisation des technologies intelligentes, le secteur de la santé a la possibilité de se transformer et de s’orienter vers des modèles plus préventifs, plus personnalisés, offrant un meilleur accompagnement au patient et une assistance précieuse au personnel soignant. Néanmoins, pour que ces outils puissent être utiles, il faut qu’ils soient accessibles et compréhensibles par tout le monde, médecins comme patients, même sans aucune connaissance technologique ou informatique.

 

Les chercheurs de Microsoft se concentrent sur plusieurs grands enjeux : la personnalisation des soins et des médicaments, l’optimisation du temps de travail du personnel médical et l’amélioration du rapport soignant-patient. C’est en ce sens qu’ils ont travaillé pour mettre en place les cinq projets suivants… et bien d’autres.

Helpicto : troubles du langage et reconnaissance d’image

Les personnes atteintes de troubles du langage sont habituées à utiliser des classeurs avec des pictogrammes pour s’exprimer. Et s’il était possible d’améliorer cette solution ? Destiné aux patients souffrant de pathologies tel que l’aphasie, l’autisme, la dysphasie ou encore Alzheimer, le projet Helpicto répond à leur besoin d’entrer en contact facilement et rapidement avec leur entourage, familial ou médical.

L’enjeu ? Développer une application disponible sur tablette, ordinateur et smartphone, remplaçant le classeur et permettant de fluidifier les conversations. En d’autres termes, infuser une dose d’IA accessible dans le quotidien des malades et de leur entourage pour faciliter la communication.

Une appli développée à l’occasion d’un hackathon de trois jours, chapeauté par un évangéliste technique de Microsoft, et qui aura permis à Helpicto de gagner de précieuses semaines de développement.

Hanover : trouver l’épingle dans la meule de foin

De nombreuses équipes de Microsoft cherchent à venir à bout du cancer grâce à des outils numériques. L’une d’entre elles compte, à travers le Projet Hanover, aider les médecins à établir des traitements personnalisés pour chaque personne atteinte d’un cancer. Toutes les minutes, PubMed – le principal moteur de recherche de données bibliographiques en biologie – est actualisé de deux nouveaux articles. Plus d’un million sont ajoutés chaque année.

Hanover repose sur un algorithme de machine learning compulsant automatiquement les articles de PubMed pour structurer une base de données exhaustive et régulièrement mise à jour : Literome. Grâce à Hanover, tout le minutieux travail de recherche nécessaire à l’évaluation la plus précise possible de chaque cas individuel est effectué automatiquement par une IA, laissant plus de temps aux oncologues pour déterminer un traitement personnalisé pour chaque patient.

Brian Druker, directeur du Knight Cancer Institute – un partenaire d’Hanover – estime que « les données essayent de nous dire la réponse, nous devons les écouter. C’est là que l’informatique entre en jeu ».

Optolexia : détecter la dyslexie

Pour développer son outil de détection de la dyslexie, la start-up suédoise Optelexia s’est elle-aussi appuyée sur le machine learning. Concrètement, l’outil effectue une analyse du mouvement optique lorsque le patient lit un texte sur l’écran d’un ordinateur ou d’une tablette. Ces données sont ensuite envoyées dans le cloud Azure, sur la plateforme Machine Learning Predictive Analytics de Microsoft.

Grâce à ces technologies, il est ainsi possible de détecter la dyslexie beaucoup plus tôt qu’avec les tests existants. Une avancée essentielle, puisque les chances de les guérir sont bien plus importantes lorsque la maladie est diagnostiquée tôt chez l’enfant.

 

InnerEye :  assistant en radiothérapie

Si la moitié des personnes atteintes d’un cancer ont besoin d’une radiothérapie, le processus pour en établir une sur mesure pour chaque patient est extrêmement chronophage, coûteux et souvent imprécis. Depuis un IRM (imagerie par résonance magnétique), le médecin doit, image par image, entourer les zones cancéreuses, puis répéter cette opération pour chaque organe ne devant pas être affecté par les radiations du traitement.

Les algorithmes de l’intelligence artificielle InnerEye effectuent automatiquement tout ce processus en tout juste quelques secondes, sous le contrôle d’un médecin. S’appuyant sur du machine learning, l’IA peut également récolter des informations quant à la façon dont le cancer réagit au traitement. Sachant qu’il n’est pas encore possible de suivre ces relevés de manière précise, InnerEye a de quoi sensiblement améliorer le suivi (et la vie) des patients atteints d’un cancer.

Emma : la montre qui bloque les tremblements liés à Parkinson

À ce jour, il n’existe aucun remède à la maladie de Parkinson, tout comme il n’existe aucun moyen de prédire qui en sera affecté. Les traitements, destinés à remplacer la dopamine dans le corps, piétinent depuis des années et perdent en efficacité au fil du temps. Même la chirurgie du cerveau n’est pas une option viable.

 

Mais alors, que faire pour toutes les personnes atteintes, qui ne peuvent contrôler leurs tremblements ? C’est la question que s’est posée Haiyan Zhang, directrice de l’innovation au centre de recherche de Microsoft de Cambridge, dont le métier consiste à inventer de nouvelles technologies de pointe susceptibles d’aider les gens dans la vie de tous les jours. En participant à l’émission de la BBC The Big Life Fix, Haiyan a inventé une montre-bracelet utilisant des moteurs à vibration. Ces derniers envoient des contre-signaux qui détournent l’attention du cerveau, libérant le membre de ses tremblements.

La montre, baptisée Emma, pourrait ouvrir la voie à de nouvelles solutions pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.