Les outils collaboratifs entrent au lycée

Mieux collaborer entre professeurs et s’adresser à chaque élève en fonction de son niveau et de ses besoins : les outils collaboratifs entrent au lycée.

Explorer de nouvelles pratiques péda­go­giques en s’inspirant des méthodes col­la­bo­ra­tives et fami­lia­ri­ser les élèves avec ces outils de plus en plus présents en entre­prise : c’est autour de ces objectifs que le lycée Jean XXIII a déployé Microsoft Teams, pour les pro­fes­seurs et les élèves.

Créé en 1950 par l’évêque de Luçon, le petit séminaire des Herbiers, en Vendée, devient Lycée Jean XXIII en 1977. Et vient d’être labellisé Microsoft Showcase School, en recon­nais­sance de son enga­ge­ment dans la pédagogie numérique. Ce lycée privé, sous contrat d’association avec l’État,  accueille près de 770 lycéens formés par une équipe de 65 ensei­gnants. Classé second au niveau dépar­te­men­tal dans le baromètre annuel du magazine L’Express, cet éta­blis­se­ment d’enseignement général et technique s’enorgueillit d’un taux de réussite au Bac de 99%. Il propose également, au sein de l’Institut Supérieur de Commerce et de la Vente (ISCV) qui lui est rattaché, plusieurs for­ma­tions supé­rieures de niveau Bac + 2 (BTS Action Commerciale, BTS Assistant de gestion…) et Bac + 3 (Bachelor Marketing et Commerce, Diplôme Conseiller Financier).

Au lycée Jean XXIII, le numérique au service du pédagogique

Ici, « inno­va­tion » n’est pas un vain mot. Et il s’entend au sens large, pas seulement numérique. « Il y a 15 ans, en 2003, nous avons mis en place des rythmes scolaires nouveaux favo­ri­sant la per­son­na­li­sa­tion de l’emploi du temps des lycéens afin de mieux répondre aux besoins et au profil de chacun, explique le Directeur de l’établissement, Gaëtan Vrignon. À Jean XXIII, nous mettons l’accent sur les méthodes de travail, la recherche de l’autonomie et l’ouverture cultu­relle ». Des méthodes de travail qui, de fait, ont évolué au fil du temps pour s’adapter aux trans­for­ma­tions de la société. « L’outil numérique a fait son entrée chez nous de façon assez naturelle, acquiesce le Directeur. Nous y avons vu un moyen sup­plé­men­taire d’appuyer notre pratique péda­go­gique ».

C’est ainsi qu’en 2015, Office 365 est déployé à Jean XXIII. « Nous avons cherché à mettre le numérique au service de l’accompagnement per­son­na­li­sé des élèves, appuie Eric Dronneau, Professeur de phi­lo­so­phie, très impliqué dans le projet numérique du lycée. Nous avons ouvert des boîtes à lettres pour les élèves et les pro­fes­seurs afin de faciliter les échanges, nous avons appuyé l’utilisation de OneNote et de SharePoint… Office 365, dont l’établissement prend en charge l’abonnement, est rapi­de­ment devenu notre espace numérique de travail (ENT) ». Et le pro­fes­seur de relever ce que l’on pourrait appeler un « paradoxe positif » : « la force du col­la­bo­ra­tif, c’est sa capacité à indi­vi­dua­li­ser le travail, explique-t-il. Grâce à ces outils, le pro­fes­seur peut très faci­le­ment trans­mettre une infor­ma­tion à un élève ou à un groupe d’élèves, de façon très ciblée ».

Une autre source de satis­fac­tion pour le lycée tient à la nature même d’Office 365 et à son fonc­tion­ne­ment dans le Cloud. « Cela règle tous les soucis de stockage et d’accès aux données, détaille Gaëtan Vrignon. Elles ne sont plus liées à un PC ou à un intranet mais sont acces­sibles de partout, à tout moment et avec tout type d’appareil. Surtout, elles ne sont pas non plus liées à une personne mais restent dis­po­nibles pour l’établissement même en cas d’absence ou de départ d’un ensei­gnant, par exemple ».

Convaincu par Office 365, le Lycée a décidé, depuis la rentrée 2017, de pour­suivre dans cette voie avec Microsoft Teams. « J’ai vu dans Teams l’occasion d’homogénéiser nos pratiques, justifie Eric Dronneau. Avec Office 365, chaque pro­fes­seur s’organise un peu à sa façon. La notion d’équipes qui est au cœur de Teams apporte une strate col­la­bo­ra­tive sup­plé­men­taire, une vue d’ensemble qui améliore encore l’efficacité péda­go­gique de l’outil ».

700 équipes Teams multi-classes et multi-professeurs

L’organisation retenue est assez simple. « Nous avons mis en place une équipe [au sens de Teams, NDLR] par classe et par cours, détaille Gaëtan Vrignon. Ces équipes “ver­ti­cales”, ou “des­cen­dantes”, regroupent donc l’enseignant et ses élèves et per­mettent de mettre en place des séquences péda­go­giques, de suivre l’avancée des travaux pratiques… Nous avons aussi créé des équipes “hori­zon­tales” réservées aux ensei­gnants. Un même ensei­gnant peut donc faire partie de plusieurs équipes, selon les projets – sorties péda­go­giques, voyages scolaires, etc. – auxquels il participe. Enfin, chaque nouveau projet dans le lycée, quel qu’il soit, peut faire l’objet de la création d’une équipe dédiée. Par exemple, pour un concert d’étudiants, une équipe peut servir à échanger sur l’organisation, le choix des morceaux… ».

« En tout, nous avons créé 700 équipes Teams multi-classes et multi-professeurs, précise Eric Dronneau. Il était important que tout soit prêt dès la rentrée afin de faciliter l’adoption rapide de ce nouvel outil. Nous avons donc travaillé en amont, avant la rentrée, pour tout préparer. Notre label Showcase School nous a permis de discuter direc­te­ment avec les experts de Microsoft aux Etats-Unis, qui nous ont été d’une grande aide, vu l’ampleur de la tâche ».

Pari réussi : l’adoption de Teams est totale. « Nous avons réservé, lors des journées de pré-rentrée, un temps de formation qui nous a permis de répondre aux questions des ensei­gnants, poursuit Gaëtan Vrignon. Et nous avons organisé par la suite un “goûter numérique” au cours duquel ils ont pu partager leur expé­rience et leurs premiers pas avec l’outil. Ce qu’ils retiennent, c’est que cela leur permet de mieux s’adresser à chaque élève en fonction de son niveau et de ses besoins ». Quant aux étudiants, « ils appré­cient de ne plus être “les secré­taires des pro­fes­seurs”, ajoute Eric Dronneau. Avant, l’élève allait en classe pour prendre des notes. Avec Teams, l’essentiel du cours est déjà noté, chacun peut se concen­trer sur le contenu. Cela libère du temps ».