Hololens – cas d’usage dans la santé

Aider les chirurgiens lors d'opérations complexes ou les secouristes lors d'interventions urgentes, mieux former les étudiants en médecine et optimiser le design des blocs opératoires… HoloLens révolutionne le secteur de la santé.

Les nouvelles technologies transforment le secteur de la santé. Un précédent article expliquait, exemples à l’appui, les apports de la réalité mixte. Mais ce secteur, encore plus que d’autres, évolue rapidement. Chaque jour ou presque, des entreprises inventent, imaginent, déploient des solutions innovantes. Illustration, à travers ces 4 exemples, tous basés sur un usage d’HoloLens dans la santé. Un ordinateur holographique qui fait apparaître, dans le monde physique, des objets en 3D, avec lesquels on peut interagir. Pour une aide virtuelle et des bénéfices bien réels… Un usage d’HoloLens dans la santé qui révolutionne le secteur.

Cas d’usage n°1 : une aide au diagnostic

La start-up française Exelus était déjà à l’origine de Nomadeec, une plateforme de télémédecine pour les  professionnels.

Mais Exelus souhaitait franchir une nouvelle étape : comment aider lors d’interventions médicales ? Comment agir de la manière la plus efficace ? Comment poser le plus rapidement possible le bon diagnostic ? Comment prodiguer rapidement les soins appropriés pour sauver la vie d’un malade ? Des questions cruciales, notamment en cas d’urgence médicale. Et auxquelles HoloLens permet de répondre, avec des interventions « augmentées ». Concrètement, un secouriste au chevet d’un patient peut désormais collaborer avec un médecin, à distance. Le secouriste relève un certain nombre de paramètres (pouls, tension, etc.) et a aussi la possibilité de prendre des photos et vidéos. Il peut alors, instantanément et à l’aide de commandes vocales ou gestuelles, transmettre le tout aux équipes médicales, même très éloignées. Ce qui permet à ces dernières de conseiller directement et précisément le secouriste, tout en préparant au mieux l’hospitalisation du patient. Pendant que sur le terrain, le secouriste garde lui ses deux mains libres, pour bien mener l’intervention.
Un usage révolutionnaire et spectaculaire, présenté au CES 2018.

 

Cas d’usage n°2 : des opérations chirurgicales révolutionnaires

Révolutionnaire, spectaculaire ? Les termes s’appliquent aussi à la toute 1ère intervention chirurgicale utilisant la réalité mixte. Cette première mondiale s’est tenue à l’hôpital Avicenne, en région parisienne, en décembre 2017. Le docteur Thomas Grégory, chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologique, a opéré l’épaule d’un patient, assisté par l’ordinateur holographique.

première intervention chirurgicale au monde de réalité mixte
©Avicenne AP-HP

Les bénéfices : pendant l’intervention, le docteur Grégory pouvait accéder à de nombreuses informations en temps réel, visualiser, en hologrammes, des clichés anatomiques de son patient, accéder à ses données médicales et consulter des tutoriels interactifs. Tout en étant conseillé et épaulé par 4 autres médecins, des spécialistes qui l’assistaient dans cette opération, en temps réel, depuis Londres, la Corée du sud, la Louisiane et la Pennsylvanie !
Une aide incroyable donc pour le chirurgien, qui préfigure aussi d’autres bénéfices de la réalité mixte :

- informer le patient sur sa pathologie, lui permettre de voir, via HoloLens, l’intervention programmée, et le placer en position d’acteur de son parcours de soin ;

- échanger en discussion pluridisciplinaire sur des cas spécifiques ou des interventions complexes, avec un double virtuel du patient, qui permet aux équipes médicales et soignantes de visualiser sa pathologie ;

- accéder aux informations médicales du patient avant et pendant l’opération.

Cas d’usage n°3 : une meilleure formation des médecins

Rendre les mannequins anatomiques plus réalistes, plus complets, plus précis, et former les étudiants en médecine à l’anatomie humaine et ses complexités : HoloLens s’impose aussi dans les facultés de médecine. « Etudier les organes, les tissus internes, à la distance idéale pour travailler, cela nécessite une très grande précision » explique Marc St-Hilaire, vice-président Technologie et Innovation de CAE Healthcare. Grâce au simulateur d’échographie développé par sa société et couplé à HoloLens, les étudiants en médecine peuvent mieux se former à l’anatomie : zoomer, déplacer, tourner des organes ou des parties anatomiques, les replacer dans l’organisme du mannequin…
« Pendant des siècles, les gens ont utilisé la dissection et se sont servis de manuels et de modèles du cœur en plastique. Au cours des 20 dernières années, la réalité augmentée sur un écran 2D a fait son arrivée. Maintenant, Hololens rehausse davantage l’expérience. Vous ne regardez pas la réalité augmentée sur un écran 2D. Elle se trouve dans l’air, devant vos yeux. Vous pouvez voir tous les détails ainsi que les relations entre les différents [organes] et voir s’ils présentent des pathologies » se réjouit le docteur Robert Amyot, Président de CAE Healthcare. Le tout avec une très grande précision, et sans aucun risque. « On peut maintenant bénéficier du meilleur apprentissage qui soit, y compris à distance. On peut essayer des choses, faire des erreurs et découvrir toutes les situations et tous les défis qui peuvent survenir… Et lorsque vous êtes prêts, vous pouvez vous rendre en salle d’opération, et répéter les procédures sur de vrais patients. »

 

Cas d’usage n°4 : des salles d’opération mieux conçues

La chirurgie est une science de précision. Dans les blocs opératoires, chaque élément compte et doit être parfaitement placé. D’où l’intérêt d’HoloLens pour aider à concevoir, designer et déployer des blocs opératoires.
Ainsi, le fabricant d’équipement médical Stryker a choisi l’ordinateur holographique comme outil de planification et de conception. Ce qui permet de montrer à ses clients comment ses tables chirurgicales, ses éclairages et ses luminaires peuvent s’intégrer dans leurs blocs opératoires. Pour un gain de précision, de temps et d’argent.
Et, au final, des salles d’opération mieux conçues, où tous les éléments sont parfaitement positionnés, à portée des infirmières et médecins, et où ces équipes médicales peuvent se déplacer facilement, sans gêne. Et se concentrer sur le plus important : leur patient.