HoloLens : 4 cas d’usage pour l’industrie

Gagner du temps et de l’argent ; libérer la créativité ; mieux former ses équipes ; mieux communiquer auprès de ses partenaires et ses clients… HoloLens profite à de nombreuses entreprises. Comment tirer parti de cet ordinateur autonome holographique ? Découvrez 4 cas d’usage, et autant de sources d’inspiration.

HoloLens est un produit unique. A la dif­fé­rence des casques de VR (Virtual Reality), qui vous plongent dans un monde virtuel, HoloLens fait appa­raitre des objets virtuels dans le monde réel. Des objets avec lesquels l’utilisateur peut interagir, pour les manipuler, les modifier, etc. C’est le principe de la réalité mixte, qui suscite l’intérêt de nombreux secteurs. Dont l’industrie : découvrez 4 cas d’usage HoloLens, et autant de sources d’inspiration.

Cas d’usage n°1 : Design et aide à la production

Réduire la durée des opé­ra­tions sur les chaines de pro­duc­tion, améliorer le contrôle qualité, diminuer la charge cognitive des opé­ra­teurs et accélérer leur formation : autant d’objectifs qui ont amené Renault Trucks à tra­vailler en par­te­na­riat avec Immersion pour  équiper ses opé­ra­teurs d’Hololens sur les chaines de montage  de son usine lyonnaise. Jusqu’à présent, lorsque ces opé­ra­teurs inter­ve­naient sur un point de contrôle, ils uti­li­saient des ins­truc­tions papier. Pas le plus pratique, explique Bertrand Félix, res­pon­sable de la réalité augmentée chez Renault Trucks, surtout que, sur une même ligne d’assemblage, « les camions ont énor­mé­ment de variantes dif­fé­rentes ».  Des moteurs dif­fé­rents, qui exigent des véri­fi­ca­tions spé­ci­fiques et complexes… Une source d’erreurs, et de perte de temps.

Dorénavant, les opé­ra­teurs de main­te­nance seront équipés d’HoloLens, avec toutes les pièces des moteurs déjà numé­ri­sées et intégrées. Chacune des pièces peut être vue sépa­ré­ment, super­po­sée au moteur réel. Ce qui permet de mieux diriger l’opérateur et de valider une à une les étapes du processus qualité. Autre avantage selon Bertrand Félix, « l’opérateur recevra dans son champ de vision des ins­truc­tions d’aide à la décision, qui le guideront dans les opé­ra­tions de contrôle les plus complexes ». Par exemple des plans, des ins­truc­tions de véri­fi­ca­tion, de montage… Consultable à volonté, tout en gardant les mains libres.

Chez Ford, « libérer la créativité des équipes »

« Concevoir une voiture, ce sont des milliers et des milliers de décision. Comment les prendre de la manière la plus efficace possible ? Comment donner aux équipes design les outils pour libérer leur créa­ti­vi­té ? » Craig Wetzel, Design Technical Operations Manager de Ford Motor Company , s’ait longtemps posé la question. La réponse : HoloLens.

L’ordinateur holo­gra­phique autonome permet de compléter les maquettes de voiture. Habituellement construites en argile, ces maquettes sont longues et coûteuses à fabriquer, et dif­fi­ci­le­ment modi­fiables une fois créées. Ce qui limite les essais et la créa­ti­vi­té des ingé­nieurs et designers. Avec HoloLens, tout change : une seule maquette physique, où se super­posent des maquettes 3D vir­tuelles. Précises, souples, et modi­fiables à la volée, en temps réel, elles per­mettent de mul­ti­plier les essais. Donc de tester de nouveaux designs, formes, textures, tailles etc., sans limite de coût ni de temps, et en pouvant juger immé­dia­te­ment du résultat.

Une révo­lu­tion selon Michael Smith, Design Manager de Ford Motor Company : « HoloLens permet des ité­ra­tions rapides, une com­mu­ni­ca­tion claire avec des mémos vocaux, qu’on peut « placer » sur la maquette… C’est une réelle plus-value pour toute la chaîne du design ».

Et plus glo­ba­le­ment pour les qualités des véhicules produits. Comme quand les designers modifient la forme d’un rétro­vi­seur et visua­lisent, immé­dia­te­ment, ce que percevra le conduc­teur avec ce nouveau dessin… Des avancées fas­ci­nantes, visibles dans la vidéo ci-dessous (en anglais).

 

Cas d’usage n°2 : Aide à la formation

La réalité  mixte comme aide à la pro­duc­tion : Airbus aussi est familier du sujet. Ses équipes d’ingénieurs l’utilisent notamment pour du design 3D, du contrôle qualité, et pour les amé­na­ge­ments inté­rieurs de certains avions – des sièges à l’éclairage en passant par la moquette.

Mais Airbus développe aujourd’hui un autre usage, en par­te­na­riat avec Japan Airlines (JAL) et JAL Engineering (JALEC) : la formation de ses équipes de méca­ni­ciens et de per­son­nels navigants. L’objectif : des for­ma­tions amé­lio­rées et plus rentables.

Alexandre Godin, en charge de la réalité augmentée chez l’avionneur européen, en est convaincu : « ces tech­no­lo­gies sont défi­ni­ti­ve­ment un game-changer, et une oppor­tu­ni­té incroyable pour Airbus ».

Notamment pour former les per­son­nels aux pro­cé­dures propres à chaque appareil. Grâce à HoloLens, les col­la­bo­ra­teurs en formation pourront visua­li­ser des données et des éléments tech­niques, mais aussi se déplacer dans un avion, y lancer des pro­cé­dures et même exécuter des manœuvres de manière virtuelle.

L’avantage : plus besoin d’utiliser (donc d’immobilier) un avion grandeur nature : le personnel pourra se former n’importe où, n’importe quand, de manière plus efficace, sans contrainte.

« [HoloLens] va nous apporter un gain signi­fi­ca­tif. Cela va changer radi­ca­le­ment la manière dont les personnes inter­agissent avec nos pro­cé­dures et nos datas » se réjouit Stéphane Ginoux, Président d’Airbus Japan.

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Des interventions délicates dans des environnements contraints

Cas d’usage n°3 : Maintenance assistée

Précision et rigueur absolue, pro­cé­dures mil­li­mé­trées… Certaines indus­tries poussent ces exigences à l’extrême. L’industrie nucléaire, par exemple. C’est pourquoi AREVA aussi adopte HoloLens. L’objectif : épauler les tech­ni­ciens lors d’interventions délicates sur les réacteurs des centrales.

Des inter­ven­tions sensibles car elles se déroulent dans un envi­ron­ne­ment à haut risque, où elles doivent être menées le plus rapi­de­ment possible. Et avec un nombre réduit d’outils, les tech­ni­ciens de main­te­nance portant des com­bi­nai­sons anti­ra­dia­tions qui limitent leur dextérité et leurs mou­ve­ments. « C’est un envi­ron­ne­ment extrê­me­ment contraint, dans lequel il est par exemple impos­sible d’utiliser un écran tactile à cause des gants que portent les opé­ra­teurs », explique Antoine Bezborodko, de Holoforge Interactive (filiale du studio bordelais Asobo).

D’où l’intérêt d’HoloLens : les tech­ni­ciens peuvent les porter sous leur com­bi­nai­son pro­tec­trice sans être encombrés et gardent ainsi leurs deux mains libres. Ils auront aussi à tout moment, grâce à un dosimètre connecté à HoloLens, une mesure précise de la radio­ac­ti­vi­té ambiante. « Nous fusion­ne­rons les relevés en temps réel du dosimètre aux données de spa­tia­li­sa­tion venant d’HoloLens pour créer une carte holo­gra­phique très précise de la radio­ac­ti­vi­té », précise Antoine Bezborodko. Qui prépare déjà l’étape suivante : un super­vi­seur, distant, pourra envoyer direc­te­ment de la docu­men­ta­tion au tech­ni­cien en cuve, via HoloLens, ou le guider dans son inter­ven­tion.

 

Cas d’usage n°4 : Showrooming et engagement client

Des maquettes qui prennent vie, des modèles complets et réalistes qui per­mettent de visua­li­ser très concrè­te­ment, et très pré­ci­sé­ment, tout un projet : une oppor­tu­ni­té pour VINCI Autoroutes. Le premier opérateur d’autoroutes en conces­sion en Europe sou­hai­tait mieux visua­li­ser et mieux présenter ses projets archi­tec­tu­raux et auto­rou­tiers. D’où le recours à HoloLens, « un outil parfait pour permettre une bonne évolution du paysage urbain ». Les équipes de VINCI Autoroutes obtiennent une vue d’ensemble et des vues détaillées des projets d’autoroute et d’infrastructures.  Et les partagent avec les parties concer­nées.

« HoloLens s’est révélé efficace pour visua­li­ser l’objet auto­rou­tier dans son ensemble et sous tous ses angles. C’est également un outil adapté pour cocons­truire un projet en échan­geant avec l’ensemble des parties prenantes » explique Damien Sené, chargé de missions Infrastructures à VINCI Autoroutes.

Dans un second temps, HoloLens permettra de voir direc­te­ment l’impact des projets sur le terrain et leur inté­gra­tion dans le paysage local… Avec plusieurs avantages : les riverains se rendront mieux compte des évo­lu­tions autour de leur logement, et les élus locaux pourront mieux valoriser les bénéfices des travaux menés. Quant aux asso­cia­tions, elles pourront percevoir plus concrè­te­ment l’impact sur les éco­sys­tèmes et ainsi aider à adapter rapi­de­ment les projets pour mieux protéger l’environnement.