SANTÉ

Certification HDS : quelles opportunités pour les acteurs de la santé en France ?

Après l’ouverture de quatre centres de données en France l’an dernier, la certification « Hébergeur de données de santé » attribuée fin Octobre 2018 à Microsoft permet à l’entreprise de proposer l’ensemble de ses services cloud aux professionnels de santé. Un tournant qu’attendait le secteur pour développer pleinement son potentiel d’innovation. Mais concrètement, quels sont les opportunités et les usages pour les acteurs de la santé ? Décryptage.

 

La nouvelle était attendue de longue date par les professionnels de santé : le décret 2018‐137 du 26 février 2018 a ouvert la porte aux procédures de certification pour l’hébergement de données de santé. Il ne fallait plus que l’arrêté du 29 juin 2018 pour entériner les référentiels de certification : désormais, tout hébergeur peut demander à être certifié. Pour la recevoir, les organisations doivent répondre à des normes très strictes, car si la certification HDS est délivrée pour trois ans, un audit de surveillance est réalisé chaque année pour vérifier l’état des lieux des services proposés.

 

Parmi les acteurs majeurs du cloud public, c’est donc Microsoft qui, le premier, a obtenu la certification « Hébergeur de données de santé » (HDS) en fin d’année dernière. Hébergées dans les quatre data centers français de Microsoft, les données de santé des patients sont ainsi soumises à une législation parmi les plus protectrices du monde. Une vraie garantie de sécurité, de respect de la protection de la donnée et d’accessibilité pour les patients comme pour les professionnels de santé.

 

Au‐delà de son aspect règlementaire, cette certification permet à Microsoft de libérer le potentiel d’innovation des acteurs de la santé : « il n’y a pas de solution Microsoft santé, développe Racha Abu El Ata, directrice Santé chez Microsoft France. Notre modèle consiste à fournir les services du cloud et sa puissance de calcul à des partenaires qui, eux, construisent les algorithmes et modèles apprenants* qui seront utilisés par les applications. Notre mission est d’acculturer les acteurs de la santé à ces nouvelles technologies. C’est là qu’intervient la certification HDS, qui assure la confiance dans l’utilisation du cloud. Elle fournit un cadre pour s’assurer que l’innovation peut se faire en toute sécurité, afin de faciliter la vie et le quotidien des professionnels de santé. » A terme, la mise à disposition sécurisée des données de santé profitera à tous les aspects de la santé, de la prévention au traitement en passant par la relation patient‐soignant, jusqu’à l’observance thérapeutique.

 

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L’efficience médico‐économique : un gain de temps et de productivité

 

La certification HDS marque donc le point de départ d’une médecine tournée vers l’efficience et l’innovation. Non qu’elle ne l’ait été jusqu’à aujourd’hui, mais les outils dont elle disposait, souvent disparates, onéreux, parfois mal adaptés aux usages et ne permettant pas d’échanger des données de façon sécurisée, ne lui donnaient pas la possibilité d’exploiter pleinement son potentiel. Dotée de dispositifs harmonisés, avec une puissance de calcul jusqu’alors inégalée grâce au cloud, la médecine de demain peut compter sur des ressources désormais infinies.

 

L’efficience médico‐économique, notamment, va pouvoir bénéficier de l’apport du numérique. Racha Abu El Ata explique « l’efficience médico‐économique vise à rendre du temps aux professionnels de santé en les déchargeant de tâches à faible valeur ajoutée thérapeutique ». Ce temps rendu aux professionnels va leur permettre de se consacrer davantage à l’amélioration de l’expérience du patient, et de le faire avec des solutions numériques et des données visant à optimiser la pertinence des soins : « [les acteurs de la santé] disposent d’un volume de données très important, aujourd’hui peu utilisé. En structurant ces données et en les utilisant de façon pertinente, il est possible de faire la différence, par exemple sur la contextualisation d’une consultation. En apportant aux personnels de santé toutes les informations sur le patient (interactions entre différents traitements par exemple…) on contribue à optimiser la relation patient‐traitant et la qualité des traitements », poursuit Racha Abu El Ata.

L’essor de la e‐santé : l’efficacité en ligne de mire

 

La certification peut aussi être utilisée à d’autres fins, telles que la lutte contre la désertification médicale. En effet, depuis l’autorisation de la téléconsultation en septembre 2018, les médecins français peuvent améliorer la prise en charge médicale de leurs patients. Grâce à des solutions innovantes (connexion à un site sécurisé, assistance par un professionnel de santé équipé, utilisation d’une cabine de téléconsultation, etc.) le corps médical va pouvoir élargir l’accès aux soins des patients qui n’ont pas les moyens ou le temps de se déplacer pour se faire soigner.

 

Autre domaine impacté positivement par cette certification : l’observance thérapeutique, via la démocratisation de l’utilisation d’applications permettant un meilleur suivi des patients. Avec un cloud sécurisé, et l’essor du DMP, l’écosystème dynamique des développeurs en France va en effet pouvoir libérer sa créativité pour mettre en place des applications simples et efficaces pour chaque individu. Nous pourrons alors profiter à de nouveaux services, comme le fait d’avoir son « double » santé numérique par exemple. Un vrai « plus » pour les patients ayant des traitements au long cours, comme ceux atteints par des affections de longue durée ou des maladies chroniques, maux en plein développement avec le vieillissement de la population.

 

Enfin, et par extension, les équipes des professionnels de santé des hôpitaux pourront aussi être soulagées, à la fois au niveau psychologique, organisationnel, et donc financier.

 

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L’innovation médicale va également pouvoir tirer parti de la transition numérique et prendre un essor sans précédent. Jusqu’alors cantonnés à un service ou un établissement, les projets de recherche vont dorénavant – grâce aux possibilités offertes par le cloud – être multipliés avant d’être étendus voire standardisés à terme. « Microsoft a pour ambition de démocratiser l’accès à ses outils pour aider les professionnels de la santé et les acteurs du numérique français à construire des solutions innovantes, explique Antoine Denis, directeur Développement et Innovation Santé chez Microsoft France.

La volonté du groupe est de permettre à ces entreprises spécialisées de se positionner comme les acteurs les plus compétents dans l’écosystème mondial de la e‐santé.

A présent, avec les seules ressources informatiques facturées, les professionnels vont pouvoir accéder à des technologies telles que l’IA, la puissance de calcul massive ou la réalité mixte avec beaucoup plus d’aisance. Appliquées à la santé, ces nouvelles technologies permettent déjà de réaliser des prouesses médicales et d’atteindre un bien meilleur niveau de diagnostic, de traitement et d’observance thérapeutique tout en permettant de « libérer du temps de professionnels de santé ».

 

« En moyenne, un professionnel de santé passe environ 30% de son temps à faire de l’administratif : l’IA permet de libérer une partie de ce temps. » – Antoine Denis, Directeur Développement et Innovation Santé, Microsoft France

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Le diagnostic repensé

 

En Italie, l’IA a déjà permis de poser des diagnostics plus précoces grâce à un dispositif visant à déceler une éventuelle pathologie rénale via prélèvement sanguin. En déterminant le caractère transitoire ou chronique de l’affection, un système de machine learning permet alors de départager les personnes en trois catégories : (i) les individus sains, (ii) les individus à risques, (iii) les individus infectés. En fonction des cas, des mesures de prévention ou des traitements ont pu être mis en œuvre avant même que la maladie ne se déclare ou qu’elle ne s’aggrave. Ce type de diagnostic précoce, qui touche à la médecine prédictive, est « plus efficace pour le patient et moins coûteux au niveau sociétal. Ces solutions permettent de donner des recommandations bien plus personnalisées que les consignes d’hygiène alimentaires et sportives actuelles » souligne Racha Abu El Ata.

 

Autre exemple d’application de l’IA en termes de diagnostic : la détection de la dyslexie de façon précoce chez des enfants. En étudiant les mouvements oculaires à la lecture d’un texte, un système apprenant peut déceler en deux minutes, avec une fiabilité de plus de 95 %, un haut risque de dyslexie chez un enfant. Ici encore, la prise en charge anticipée peut donner des résultats plus efficaces chez les enfants diagnostiqués, leur laissant de plus grandes chances de réussite dans leur vie scolaire et à venir.

 

En matière de traitement, l’IA peut être appliquée directement à l’imagerie médicale pour optimiser la segmentation des tumeurs et des organes sains, afin d’aider le radio oncologue dans son plan de dosimétrie pour la radiothérapie. Le gain de temps pour le professionnel de santé lui permet d’être plus précis et d’éviter un traitement plus invasif qui risquerait d’abîmer les organes voisins.

 

Au global, la puissance de l’IA rend apte à analyser des images médicales de façon à en retirer des données difficiles voire impossibles à déceler à l’oeil nu. Dès lors, le médecin est capable de poser un diagnostic plus précoce mais aussi plus fin, notamment en matière de diagnostic de cancer. Le traitement à donner au patient peut alors être mieux adapté. L’IA donne enfin la possibilité de confronter des résultats à l’analyse d’une infinité de bases de données médicales, permettant ainsi d’accélérer la détection des pathologies et leur prise en charge.

 

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Traitement et observance thérapeutique perfectionnés

 

L’innovation médicale peut également se traduire par le recours à la réalité mixte. Ce fut par exemple le cas pour le traitement chirurgical d’un patient – une première mondiale – à l’hôpital Avicenne de Bobigny fin 2017. A cette occasion, une prothèse d’épaule a pu être posée grâce au casque de réalité mixte HoloLens de Microsoft. Equipé de ce dernier, le docteur Thomas Grégory, chef du service de chirurgie orthopédique, a ainsi pu consulter en temps réel des hologrammes des images anatomiques de sa patiente, des tutoriels ou encore des données médicales au sein du bloc opératoire. Au‐delà de ces informations précieuses, le chirurgien a également pu bénéficier de la collaboration de cinq de ses confrères à l’international, avec lesquels il a pu interagir en temps réel pendant l’opération. Le tout, avec les mains libres.

 

L’innovation médicale, enfin, peut également trouver des applications en matière d’observance thérapeutique. A la Pitié‐Salpêtrière, par exemple, des travaux ont été menés avec l’aide d’une pneumologue afin d’améliorer la prise des traitements inhalés dans le cadre d’insuffisance respiratoire. En France 30% des thérapies inhalées connaissent un mésusage, cela concerne 8 millions de patients.

 

Des travaux réalisés entre autres, grâce aux services cognitifs d’Azure, qui analysent des patients prenant leur traitement en se filmant. Si leur geste varie trop de la perfection attendue, le système proposer alors au patient la correction à apporter, pour lui permettre d’éviter d’éventuelles complications par la suite.

 

Quel que soit la spécialité ou la problématique à régler, il est clair que la transformation numérique a de nombreuses réponses à apporter pour se diriger vers une santé plus personnalisée en termes de prévention, de diagnostic et de traitement. Qu’il s’agisse de temps, de collaboration, de budget, de ressources – humaines ou informatiques – tout le système peut se voir amélioré grâce aux nouvelles technologies cloud qui permettent aujourd’hui d’innover en toute sécurité dans le cadre de la règlementation HDS. La priorité est aujourd’hui de reconnaitre les besoins, et mettre les bonnes technologies en face pour créer de nouveaux usages. La transformation est en marche, et ce n’est que le début.