Numérique, intelligence artificielle : où en sont les hôpitaux ?

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Temps de lecture : 8 minutes

Comme dans tous les autres secteurs, le numérique a permis au monde hospitalier de mieux traverser la crise de la covid19. Et si cette période si particulièrement était justement le moment d’accélérer sur l’usage de ces services et de découvrir les bienfaits de l’intelligence artificielle ?

 

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À l’heure où la Covid-19 est venue éprouver les systèmes de santé français et internationaux, la question de la transition numérique des hôpitaux est plus que jamais d’actualité. Pour mieux saisir leur niveau d’acculturation aux nouvelles technologies et ainsi leur proposer des solutions adaptées, Microsoft a réalisé, en partenariat avec Ipsos, une étude auprès de vingt-trois établissements de santé. Un document que nous avons analysé avec Michèle Genova-Nguyen, digital advisor chez Microsoft. État des lieux, bénéfices et limites : voici ce qu’il faut savoir sur l’intégration de solutions numériques dans les hôpitaux.

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Transition numérique dans les hôpitaux : quel état des lieux ?

Parmi tous les domaines qui effectuent ces dernières années leur nécessaire transition numérique, le secteur de la santé publique fait parfois figure de bon dernier. Cela se ressent notamment à travers le manque de ressources informatiques  et la très grande disparité dans le mode de gestion des systèmes informatiques et numériques entre les établissements. En effet, sur les vingt-trois établissements étudiés, seuls deux font partie de Groupements Hospitaliers de Territoire équipés de services informatiques centralisés. Pour les autres, les systèmes sont limités à l’établissement, voire à une petite équipe au sein de l’établissement. « La fracture numérique existe bel et bien entre les établissements », souligne ainsi le responsable du Département de l’Information Médical d’un CHR.

Cependant, rien d’alarmant pour Michèle Genova-Nguyen qui observe une réelle prise de conscience des établissements de santé et des pouvoirs publics sur ces questions. « De nombreux plans de transformation du système de santé ont été lancés ces dernières années. Le dernier en date, le chantier Ma Santé 2022, fait la part belle à la transition numérique des hôpitaux, au travers du volet Hop’En (pour Hôpital Numérique Ouvert sur son Environnement). »

Si cet intérêt pour les nouvelles technologies se ressentait déjà avant la crise du coronavirus, il s’est largement répandu parmi les professionnels de santé depuis. « Les établissements de santé étaient en première ligne durant le confinement. Ils ont vraiment dû mobiliser tous les outils technologiques (téléconsultation, intelligence artificielle, applications innovantes, …) à leur disposition pour s’organiser et gérer l’afflux massif de patients. » Ces circonstances exceptionnelles ont ainsi révélé l’importance clé du numérique pour renforcer notre système de santé. Nous faisons ici le point sur 4 défis majeurs pour les hôpitaux, amplifiés la pandémie.

  1. Fluidifier la circulation de l’information avec des outils d’échanges collaboratifs
  2. Moderniser et sécuriser les processus métiers
  3. Améliorer la relation patient
  4. Faire avancer la recherche médicale

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Fluidifier la circulation de l’information avec des outils d’échanges collaboratifs

Les résultats de l’étude sont venus confirmer un constat déjà fait par Michèle Genova-Nguyen : les hôpitaux pâtissent toujours d’un manque de fluidité dans la circulation de l’information. Les établissements interrogés dans l’étude expriment d’ailleurs un besoin fort « d’accès direct et rapide à l’information, d’outils personnalisables avec les renseignements dont a besoin le soignant ». Une problématique imputable à plusieurs facteurs d’après l’experte.

« Dans un hôpital, l’information est partout et , les différents services des hôpitaux sont encore trop silotés. Il faut repenser l’architecture de l’information, la gestion de la donnée (son acquisition, son stockage, son partage) et créer des ponts entre tous les acteurs impliqués. » Le manque, voire l’absence de logiciels communs empêche une bonne communication et peut entraîner un ralentissement dans la prise de décision, une perte d’information, une multiplication des tâches.

Une problématique à laquelle Microsoft est habilitée à répondre grâce à ses outils d’échanges collaboratifs. « Teams, par exemple, est un outil qui va faciliter et accélérer la communication entre tous les intervenants au sein d’un hôpital ou d’un GHT, qu’ils soient soignants ou personnels administratifs. C’est un concentrateur d’information, un « référent » et il peut être très utile dans de multiples scénarios à l’hôpital, comme l’organisation de réunions pluridisciplinaires ou l’accueil et l’intégration de nouveaux personnels soignants. »

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Moderniser et sécuriser les processus métiers

Si l’échange de données se fait de plus en plus au travers des logiciels ou de messageries électroniques sécurisées, le papier aussi reste un mode d’échange très présent entre les établissements ou même entre différents services d’un même établissement. Et entre la médecine de ville et l’hôpital ? C’est encore parfois le fax qui est privilégié, ainsi que le téléphone.  Un anatomopathologiste indiquait ainsi dans l’étude que les « prélèvements sont accompagnés d’une fiche de prescription papier, et on reçoit et on émet des comptes rendus papier ».

Faire évoluer les pratiques de l’hôpital se fera progressivement. « Les établissements sont certes confrontés à la problématique des parcs informatiques vieillissants, difficiles à maintenir à jour, qui ne facilitent pas la mise en place de services numériques avancés. Mais il existe maintenant des solutions numériques simples et rapides à mettre en œuvre, pour soulager le personnel de tâches parfois fastidieuses. »

Les attentes prioritaires mentionnées par les soignants dans l’étude relèvent cependant des fondamentaux : simplifier les tâches, utiliser des solutions numériques fonctionnelles simples pour saisir les données. Une technologie telle que la PowerPlatform de Microsoft peut permettre aux établissements de santé d’accélérer la digitalisation de leur processus. Cette solution, qui facilite la création d’applications via le « low code », permet de simplifier les processus métier et de les digitaliser et a fait ses preuves dans le cadre de la crise sanitaire. Une des préoccupations premières a été de gérer la disponibilité des équipements de protection (masques, …) et les ressources médicales. La mise en place d’applications de suivi et de distribution de matériel, simples d’utilisation et ergonomiques, centralisant les données, a ainsi permis aux équipes médicales de s’affranchir des problématiques logistiques pour se concentrer sur leur mission de soins.

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Améliorer la relation patient grâce aux nouvelles technologies

Il est acquis que l’activité hospitalière va croître d’ici à 2030 avec le vieillissement de la population et que les établissements de santé sont, dans le même temps, confrontés à des restrictions budgétaires qui conduisent à une tension sur les capacités d’accueil. Pour autant, fournir la bonne information aux patients et aux familles reste une étape clé du parcours de soin.

Aussi, durant la crise de la Covid-19, le recours à des solutions numériques et notamment d’intelligence artificielle a notamment permis aux établissements de santé d’optimiser la gestion des flux de malades. « En mars, les hôpitaux ont tous été confrontés à un afflux massif d’appels qui a très vite surchargé les standards téléphoniques.  Il y avait les questions se rapportant directement au virus, mais aussi tous les patients souffrant de pathologies non urgentes et dont les consultations ou opérations avaient été repoussées », souligne Michèle Genova-Nguyen.

Le recours aux agents conversationnels (chatbots) pour saisir plus rapidement les symptômes des patients et mieux les orienter a largement fait ses preuves. C’est ce que les Hospices civils de Lyon sont parvenus à mettre en place en un temps record. « Grâce à ces dispositifs interactifs, reposant sur des modèles d’intelligence artificielle, les professionnels de santé ont pu tout de suite répondre aux questions des citoyens et mieux les orienter en fonction de leur profil. » Un procédé que l’on peut imaginer se démocratiser afin d’améliorer la prise en charge et la relation patient.

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Faire avancer la recherche médicale avec l’IA

Les praticiens commencent déjà à percevoir le potentiel de l’Intelligence Artificielle dans leurs pratiques de tous les jours. Les participants à l’étude en citent spontanément certains usages et parmi les plus attendus : l’analyse d’examens de radiologie pour faire gagner du temps au médecin, la dictée vocale des compte-rendus médicaux qui alimenterait automatiquement le Dossier Patient Informatisé (DPI), la recodification automatisée des actes patients en cotation dans le Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information (PMSI) pour diminuer le taux d’erreur.

Mais un dernier champ d’activité médicale a tout à gagner avec l’intelligence artificielle : la recherche. « Les cas d’usage sont nombreux et peuvent aller des plus simples aux plus complexes. Il peut s’agir par exemple d’utiliser des fonctionnalités de curation de contenus, où des systèmes intelligents sont utilisés pour remonter au quotidien les meilleures informations, organiser et annoter le contenu, pour ensuite partager les informations pertinentes et ciblées aux équipes de chercheurs. Plus complexe : l’utilisation de l’intelligence artificielle pour analyse des images radiographiques et segmenter des tumeurs » note Michèle Genova-Nguyen

Grâce l’IA, les chercheurs peuvent mettre en place des modèles de diagnostic et de recoupage d’informations automatisés pour mieux appréhender les avancées réalisées par leurs pairs dans leur domaine. Ces outils sont aujourd’hui très utiles dans la recherche sur le coronavirus. Microsoft collabore avec de nombreux organismes de recherche pour créer des modèles de machine learning capables d’identifier les facteurs aggravants de la maladie, en faisant ressortir des caractéristiques grâce auxquelles les médecins peuvent identifier et mieux surveiller les patients à risque. L’une de ces collaborations par exemple a pour objectif de créer un modèle d’apprentissage profond, sur la base d’images scanner des poumons, pour la détection de la maladie et la classification automatisées de sa gravité.

Connaître les freins à lever pour une meilleure acculturation

Une multitude de possibilités qui restent cependant encore trop inexploitées, pour différentes raisons : les craintes liées à la sécurité et la confidentialité des données, des connaissances limitées des professionnels de santé sur le potentiel des technologies. De manière générale, Michèle Genova-Nguyen note aussi une certaine méfiance de ces derniers vis-à-vis de l’IA. « Il existe une peur de perdre en transparence et de ne plus avoir la pleine maîtrise du processus de décision. C’est pourquoi, chez Microsoft nous travaillons beaucoup sur la transparence des algorithmes et leur explicabilité », souligne-t-elle.

Autre frein : la complexité perçue de certaines solutions numériques. « C’est un des enseignements importants de l’étude : il faut absolument que ce soit les machines qui servent le personnel soignant et non l’inverse ! C’est pourquoi nous travaillons véritablement à partir des besoins des professionnels de santé » précise Michèle Genova-Nguyen.

Avant de conclure « la technologie n’est pas l’unique biais d’amélioration du fonctionnement des établissements de santé. Cependant repenser le système de santé pour qu’il soit plus résilient et transverse grâce aux nouvelles technologies est une réflexion qui se met véritablement en place. On constate que c’est souvent l’impulsion du directeur d’établissement qui est déterminant ou la constitution d’un moteur fort entre la DSI et la DIM, qui combinent les deux expertises fondamentales pour le développement de solutions pérennes.

Ces transformations peuvent faire peur à certains établissements par l’ampleur que cela représente, mais c’est pour cela que nous recommandons généralement à nos clients d’opter pour une démarche qui concilie vision long terme et mise en place de « petits » projets tangibles court terme, au bénéfice des professionnels, des patients et du système en général ».

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