« Le cloud, une question de confiance »

Une puissance quasi-infinie, des applications et services adaptés, en toute sécurité, et des datacenters français. Etat des lieux du cloud avec le responsable de la Stratégie Cloud de Microsoft, Alfonso Castro.

Alfonso Castro a occupé diverses res­pon­sa­bi­li­tés chez Microsoft. Il a notamment contribué au déve­lop­pe­ment des activités Open Source en France. Responsable de la stratégie Cloud, il supervise la mise en œuvre des data­cen­ters de Microsoft en France. Et, du retour de Cloud Expo Europe, partage son expertise.

Alfonso Castro
Alfonso Castro

Responsable de la Stratégie Cloud, Microsoft France

 

Que retenir de la dernière édition de Cloud Expo Europe ?
Alfonso Castro : Des échanges et des dis­cus­sions pas­sion­nantes. Les entre­prises et orga­ni­sa­tions ont aujourd’hui une certaine maturité.
Les arguments tech­niques : puissance, avantage, etc. sont déjà dépassés. Dans le monde des entre­prises, tout le monde est convaincu de l’intérêt du cloud. Pour ceux qui n’ont pas encore franchi le pas, le principal frein actuel, c’est la confiance.
Lors de mes ren­contres avec des diri­geants d’entreprises ou d’organisations publiques, je fais face à de réelles inter­ro­ga­tions à ce sujet. La majorité des questions portent ainsi sur la confiance et la sécurité.

Pourquoi ce problème de confiance ?
Le cloud doit gérer et parvenir à concilier 2 dimen­sions, qui ne sont pas en phase : la dimension tech­no­lo­gique et la dimension régle­men­taire.

  • La dimension tech­no­lo­gique : le cloud est un réseau mondial, sans fron­tières. Et prend toute sa puissance, toute sa valeur et son intérêt à partir de, et grâce à, cette dimension mondiale. Exemple : je vais profiter de l’algorithme d’un data­cen­ter américain, mener des analyses sur des données hébergées en Asie du Sud, le tout pour faire tourner des applis en Europe…
  • La vision régle­men­taire est dif­fé­rente. Ce qui est une bonne chose, et très com­pré­hen­sible, parce que les lois vont plus lentement que la tech­no­lo­gie. De plus, dans un monde où la techno et les données sont mondiales, les légis­la­tions s’appliquent, elles, à l’échelle d’un état ou d’un ter­ri­toire. Il y a donc un double décalage, dans le temps et dans l’espace.

En tant qu’acteur majeur du cloud, le but de Microsoft est aussi d’aider à une har­mo­ni­sa­tion, pour permettre aux économies natio­nales de profiter de la tech­no­lo­gie mondiale.

Comment Microsoft adresse ces questions de sécurité ?
En étant en pointe sur la sécurité, bien sûr. Mais aussi sur la confiance. Ce qui passe, pour nous, par une trans­pa­rence absolue.
Prenez l’exemple du Trust Center. Où nous rendons concrète, visible, la trans­pa­rence que nous mettons en œuvre dans le cloud : trans­pa­rence des infra­struc­tures, des actions face aux menaces de sécurité, des processus et des contrôles. Nous rendons immé­dia­te­ment publique la moindre visite des auditeurs sur nos data­cen­ters. Donc nous mettons le maximum en œuvre, de notre côté.
Mais le client, l’usager du cloud, a aussi une res­pon­sa­bi­li­té : quelles que soient les mesures mises en place pour sécuriser les identités (double iden­ti­fi­ca­tion, etc.), si les mots de passe sont affichés à côté… Je cari­ca­ture à peine, c’est du déjà-vu !

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« Une puissance mondiale quasi-infinie à un coût réduit »

 

Quid du RGPD/GDPR ?
Dans le contexte actuel, le RGDP (Règlement général sur la pro­tec­tion des données, GDPR en anglais) est une direction inté­res­sante. Cela montre que le légis­la­teur a intégré cette notion de cloud, de données qui ne s’arrêtent pas aux fron­tières. D’où ce choix, imposé et positif, d’une pro­tec­tion des données du citoyen.

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Il faut bien com­prendre les enjeux : nous sommes à l’aube d’une révo­lu­tion similaire à celle que le monde a connue au 19ème siècle. Il y a de nombreux paral­lèles, notamment une puissance extra­or­di­naire soudain à la portée de l’homme, grâce aux machines hier et au cloud aujourd’hui. Pour permettre à l’homme de faire plus, plus vite ou de façon moins fatigante.

Pour toute orga­ni­sa­tion, c’est une révo­lu­tion. Plutôt qu’avoir à gérer mon propre système infor­ma­tique, avec des capacités forcément limitées, je vais désormais pouvoir m’appuyer sur une puissance mondiale inouïe, quasi-infinie, avec en plus des services adaptés, des capacités appli­ca­tives complètes et variées. Le tout à un coût beaucoup plus bas.

« L’ouverture par Microsoft de data­cen­ters en France est, réel­le­ment, un game changer. D’abord pour une question de confiance : le fait que leurs données restent en France rassure de nombreux diri­geants. Et parce que nos zones de dis­po­ni­bi­li­té passeront de 99,95% à 99,99%. »

Puissance, services, appli­ca­tions dans le cloud… C’est ce qui aide les orga­ni­sa­tions à se consacrer à leur cœur de métier ?
Bien sûr. Toute entre­prise ou orga­ni­sa­tion a des objectifs métier, financier, de com­mu­ni­ca­tion, de création de valeur, de parts de marché, etc. Des objectifs qui lui sont propres. Toute entre­prise ou orga­ni­sa­tion doit aussi respecter les légis­la­tions natio­nales, euro­péennes, trans­con­ti­nen­tales…

Mais ce dont elles n’ont plus à se pré­oc­cu­per, c’est la mise en oeuvre des briques tech­no­lo­giques de base : les plus abouties, les plus pointues, leur sont offertes par le Cloud. Sans frein, et sans limites. C’est une oppor­tu­ni­té inouïe.

Les nouveaux datacenters de Microsoft sont situés à Marseille et en région parisienne
Les nouveaux data­cen­ters de Microsoft sont situés à Marseille et en région pari­sienne

Qu’attendez-vous de l’ouverture par Microsoft de data­cen­ters en France ?
Ces data­cen­ters Microsoft en France sont, réel­le­ment, un game changer. Pourquoi ? Toujours pour une question de confiance. Les acteurs du service public, les grands groupes privées, les PME, et même les start-ups… Une grande partie des diri­geants nous disent la même chose : « je souhaite que mes données restent proches de moi ». L’ouverture de ces data­cen­ters permet d’adresser cette demande.  Et répond à plusieurs points qui étaient, pour nos clients, autant de freins :

Premier point : la sécu­ri­sa­tion et la dis­po­ni­bi­li­té. C’est-à-dire tout ce qui permet de garantir l’accès et la dis­po­ni­bi­li­té des data centers.
Avec l’ouverture des data­cen­ters en France, nos zones de dis­po­ni­bi­li­té nous per­met­tront de passer de 99,95% à 99,99%. Et même si un data­cen­ter tombe en panne, il sera repris en totalité par un autre, toujours en France.
Quand un dirigeant aborde le sujet et me demande si, vraiment, passer au cloud lui permettra d’améliorer son SI, ma réponse est simple : « on va vous apporter une dis­po­ni­bi­li­té de 99,99%. Vous seuls pourrez comparer ces chiffres par rapport à vos propres envi­ron­ne­ments »

Deuxième point, la sécu­ri­sa­tion des données : Microsoft met tout en œuvre pour assurer la sécurité des données de nos clients. Ainsi, le contrôle d’accès inclut plusieurs couches de pro­tec­tion : iden­ti­fi­ca­tion sécurisée, dif­fé­rents niveaux d’approbation et actions limitées selon ces niveaux, auto­ri­sa­tions res­treintes dans le temps, clas­si­fi­ca­tion des données selon leur sen­si­bi­li­té, etc. Par ailleurs, toutes les données sont cryptées, dupli­quées, protégées.

Un autre point d’interrogation fréquent est la question de la com­pa­ti­bi­li­té de nos tech­no­lo­gies. Là aussi, Microsoft a changé. Azure est par exemple, pour les machines vir­tuelles, composé à 40% de Linux. Et notre Marketplace Azure intègre pas moins de 60% de solutions tierces (Oracle, IBM) ou open source.

 

Reste la question du coût…
Sur cette question aussi, la trans­pa­rence est la réponse. Si je passe au cloud, c’est que j’ai un besoin : de puissance, de solutions, d’infrastructures… Et de souplesse,  qui permet à un com­mer­çant en ligne, par exemple, de répondre à un accrois­se­ment soudain de la demande à l’occasion de Noël.
L’avantage du cloud, c’est que je sais, à l’avance, combien ça va me coûter, puisque je ne paye que les services que j’utilise. Et nous mettons à dis­po­si­tion un cal­cu­la­teur, qui permet aux entre­prises de connaitre et gérer à l’avance ces coûts.