CLOUD & INFRA

Blockchain : comment passer de l’expérimentation à la production ?

La technologie blockchain suscite un grand intérêt dans les entreprises. Les POC (proofs of concept) sont de plus en plus nombreux. Comment ne pas en rester là et mener le projet jusqu’à la mise en œuvre ?

 

La blockchain est une technologie qui, associée à des systèmes existants, peut révolutionner les usages, dans tous les secteurs. Elle permet aux entreprises de simplifier et de garantir la traçabilité des produits, le transfert d’actifs et l’automatisation des processus. Mais au‐delà de l’expérimentation, nécessaire et très tentante avec une technologie aussi disruptive, comment aller jusqu’au bout ? Thierry Rapatout, directeur technique (CTO) de Microsoft Services, nous parle des différentes phases d’implémentation d’une blockchain, ainsi que des outils et accompagnements qui la facilitent.

 

 

Microsoft profile picture
Thierry Rapatout

Directeur technique (CTO), Microsoft Services

Aujourd’hui, à quel stade de maturité en sont les entreprises concernant la blockchain ?

 

Thierry Rapatout : Nous sommes actuellement dans la deuxième phase de l’évolution pour la blockchain. Il s’agit d’une technologie complexe, avec des scénarios disruptifs. Les entreprises ont donc commencé par faire des POC (proofs of concept) et des expérimentations pour apprendre.

 

À l’issue de cette phase d’expérimentation, des scénarios se sont vraiment dégagés. Dans la finance, pour optimiser et fluidifier les processus, dans l’agro-alimentaire et le manufacturing, pour l’authenticité et la traçabilité des produits… Nous sommes donc aujourd’hui dans une deuxième phase, dans laquelle les entreprises se demandent comment passer à l’échelle, comment construire une solution cohérente avec leurs partenaires, leur écosystème…

 


Pour en savoir plus sur les scénarios qui peuvent être mis en place grâce à la blockchain, n’hésitez pas à consulter notre entretien avec Marc Gardette Public Sector CTO chez Microsoft France.


 

Or, pour bâtir une solution d’entreprise sur la blockchain, il faut maîtriser cette technologie, bien sûr, mais aussi gérer d’autres problématiques : le développement, l’infrastructure, l’intégration avec les briques de systèmes d’information des différentes entités qui participeront à ce réseau blockchain…

 

Ce dernier point pose souvent des difficultés : de nombreux projets n’aboutissent pas car ces aspects d’intégration sont sous‐estimés.

 

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Quels sont les critères pour qu’un scénario blockchain puisse aboutir ?

 

Quatre grandes questions nous aident à cerner la pertinence d’un scénario :

  • Le scénario concerne‐t‐il différentes entités, partenaires réunis par un lien de confiance ?
  • Ces différentes entités travaillent‐elles sur les mêmes données ? Sont‐elles à égalité devant ces données ?
  • Existe‐t‐il aujourd’hui un intermédiaire ou un tiers de confiance, qui pourrait être éliminé pour simplifier le processus ?
  • Dans le scénario concerné, y a‐t‐il beaucoup d’étapes de vérification a posteriori (audits, intermédiaires de contrôle…) qui apportent peu de valeur et ralentissent le processus ? (la blockchain permettant d’établir la confiance en amont, elle serait alors bénéfique).

 

Si toutes ces cases sont cochées, alors nous pouvons dire que la blockchain peut avoir un réel intérêt dans ce scénario.

 

 

Si le scénario est validé, on passe en phase de POC. Comment peut‐on savoir si l’expérimentation est réussie ?

 

Il faut se poser la question en amont. Des KPI métier, comme l’accélération des processus, et des KPI techniques, comme la montée en charge, indiquent si le POC est valide et si cela veut la peine d’aller plus loin.

 

Par exemple, dans un scénario de traçabilité de produit, qui implique l’écriture de millions d’événements par jour dans la blockchain, le niveau de performance et de maturité en termes de transactions par seconde sera peut‐être insuffisant par rapport aux données plus classiques. Cela peut également jouer sur le choix entre une blockchain publique et privée. Les performances sont meilleures sur les blockchains privées, qui sont moins fréquentées. Par ailleurs, les algorithmes de consensus utilisés sur les réseaux peuvent être moins gourmands en ressources.

 

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À partir du moment où l’on estime que le POC est réussi, quelles sont les grandes étapes pour passer en phase de production ? Quelles questions faut‐il se poser ?

 

Avant de se lancer dans l’implémentation technique, il faut avant tout définir la gouvernance à mettre en place. Il existe de nombreux projets de blockchain de consortium. Par exemple, le projet Aura, à l’initiative de LVMH, a pour objectif de garantir l’authenticité des produits de luxe et de faciliter leur traçabilité, à la fois en fabrication, mais aussi après la vente pour lutter contre les contrefaçons. L’idée est de créer un consortium avec des marques du groupe, mais aussi de marques extérieures. Différentes sociétés vont donc devoir s’entendre sur une multitude de sujets. La sécurité par exemple, ou les données qu’elles souhaitent partager avec les autres ou non, le mode de prise de décision…

 

Il faut aussi considérer la problématique d’intégration : la solution doit s’interfacer avec les SI des différentes sociétés du consortium.En effet, les événements à capturer et à inscrire de façon immuable dans la blockchain peuvent être générés par différents types de systèmes. En amont, dans les systèmes de supply chains, on a des logiciels de gestion intégrée type SAP ou d’autres solutions qui génèrent des événements. Il faut donc savoir comment les intégrer à la blockchain.

La gestion des identités est importante, également : comment gérer les différents systèmes, les identités propres à l’entreprise et celles du client ?

 

Il faut par ailleurs se poser la question des éléments que les différentes sociétés impliquées auront envie de partager. Par définition, dans les blockchains publiques, tout ce qui est intégré est partagé avec l’ensemble des membres. Cela peut poser problème, quand il s’agit d’indicateurs business, par exemple. Il existe donc des blockchains privées ou hybrides, comme Quorum, qui permettent d’ajouter une notion de permission. Même si tous les membres ont accès à l’information, grâce à ces permissions, seules les parties prenantes d’une transaction peuvent comprendre l’information.

 

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Quelle est la valeur ajoutée des services Microsoft ?

 

La plupart des grands projets blockchain en train de passer en production relèvent de consortiums d’entreprises internationales. Il faut les déployer dans le monde entier.

L’intérêt des clouds publics, comme Azure de Microsoft, est de couvrir l’intégralité de la planète.

Par ailleurs, notre offre permet de rendre accessibles les technologies de blockchain. Et ce grâce des outils qui simplifient les phases d’intégration et accélèrent le développement des solutions complètes. Nous proposons sur Azure le service blockchain, qui prend en charge toute la gestion de l’infrastructure sous‐jacente. Le client n’a donc pas besoin de s’intéresser au fonctionnement des serveurs, à l’infrastructure réseau… C’est une vraie valeur ajoutée qui simplifie grandement les projets blockchain.