Comment continuer à innover dans le transport malgré la crise ?

Temps de lecture : 7 minutes

Une société confinée n’est pas pour autant une société immobile ! Depuis le début de la crise sanitaire, les acteurs du transport n’ont cessé d’innover pour continuer à proposer un service fiable et résilient à leurs usagers, s’appuyant sur une palette d’outils numériques qui posent les bases d’une nouvelle approche de la mobilité. Décryptage avec nos experts Anne-Claude Poinso, Directrice Développement Mobilité et Collectivités, et Patrick Nathan, Directeur Commercial Transport, Microsoft France. 

Assurer la continuité des services

Paiement sans contact, transport à la demande (TAD), lissage des horaires et redimensionnement de certaines lignes… Opérateurs et transporteurs ont dû s’adapter pour répondre à l’évolution de la demande et du cadre réglementaire. Un sacré défi en période Covid. « On l’a vu avec le confinement et le couvre-feu : l’offre a dû être revue et s’adapter, parfois du jour pour le lendemain ! L’agilité est une nécessité », souligne Patrick Nathan, Directeur Commercial Transport, Microsoft France.

Ceci alors que la baisse de trafic, donc de revenus, oblige les acteurs du transport à revoir les process et réinventer leurs services… sans perdre en qualité. Covid ou pas, l’enjeu primordial d’un moyen de transport reste son efficience, analyse Patrick Nathan, c’est ce qui nous permet d’aller d’un point A à un point B, selon des horaires conformes et des services de qualité. Assurer la continuité des services est donc essentiel, surtout en période de crise. L’innovation doit permettre de répondre à ces contraintes.

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Quelles solutions de transports à l’heure d’une crise sanitaire ?

Aujourd’hui, à l’heure où l’Europe fait toujours face à la Covid, un enjeu demeure : trouver des solutions adaptées pour celles.eux qui doivent continuer à se rendre au travail. Cela suppose de rassurer les usagers, de favoriser l’agilité pour les collaborateurs et de rationaliser les coûts de gestion des infrastructures et de la maintenance.

      ● Donner aux usagers l’envie de reprendre les transports en commun

Dans un contexte de crise sanitaire, une rame de métro bondée peut vite faire office d’épouvantail ! Tout l’enjeu actuel consiste à faciliter la mobilité de chacun et rassurer sur la qualité des services, selon 3 critères : sécurité, efficience et inclusion.

Répondre aux enjeux de sécurité. Au Panama, la solution Mastria de la société Alstom s’appuie sur l’intelligence artificielle pour fluidifier la circulation du métro, lisser les horaires et éviter les pics de circulation et des transports engorgés. Cette solution permet de maintenir un taux d’occupation plafonné pour préserver la distanciation sociale et/ou éviter le temps d’attente sur les quais. 

  • Répondre aux enjeux d’efficience. En Israël, notre partenaire Axilion permet aux villes de reprendre le contrôle de leurs voies de circulation saturées en exploitant une technologie avancée d’Intelligence Artificielle Vidéo d’Edge Computing vers le Cloud Azure.  

Les feux de circulation sont transformés pour passer au « vert » lorsque les bus ou tramways arrivent aux carrefours d’intersection. Les voyageurs font l’expérience d’une plus grande ponctualité et d’un temps de trajet réduit de 40% ce qui favorise leur fréquentation. 

 En Île-de-France, la SNCF utilise depuis 5 ans DENFERT, un outil de simulation de l’exploitation ferroviaire qui permet de mieux contenir les incidents d’exploitation au quotidien. Avec un enjeu fort : celui de maintenir la ponctualité des Transiliens. Mi-novembre, son usage a été optimisé et élargi avec le passage sur le Cloud Azure SNCF et l’ajout de nouvelles fonctionnalités. 

Enfin, notre partenaire Moovit propose au-delà de son offre MaaS un observatoire des données réelles de mobilité , toujours dans cette optique de prisme usager. Tout ceci permet de mieux comprendre les besoins de mobilité d’un territoire, et aux acteurs du transports et autorités organisatrices de la mobilité (AOM) d’ajuster l’offre à la demande. 

Répondre aux enjeux d’inclusion. Travailler au redimensionnement des lignesadapter les horaires et intégrer de nouvelles offres de mobilité (TADmicro-mobilitésetcpermet d’inclure celles.eux qui se trouvent dans des zones moins denses en desserte. Donc d’offrir une véritable égalité des chances en matière de mobilité. Et quand l’offre existe peu ou pas, il est aussi possible de favoriser la solidarité des automobilistes. Notre partenaire Oxycar propose un package de mobilité pour les entreprises et leurs salariés, composé d’un outil entièrement modulable de covoiturage domicile-travail, d’une interface salarié-employeur pour déclarer les trajets réalisés en vélo, le tout intégré dans Microsoft Teams.

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      Favoriser l’agilité des collaborateurs

Toutes les entreprises qui composent avec le télétravail doivent repenser l’expérience collaborateur. L’expérience aidant, le travail à distance n’est plus vécu comme un obstacle, mais comme une double opportunité : permettre à chacun d’organiser son temps d’un côté, lisser les horaires de circulation de l’autre. « Le télétravail tourne la page du management à l’horaire », résume ainsi Ulysse Dorioz, Directeur de la transformation Région Île-de-France dans un article consacré aux enjeux du lissage des horaires.

A condition d’équiper correctement ses équipes. « Avec la demande de l’Etat de favoriser le télétravail, les outils collaboratifs permettent d’assurer la continuité des services, y compris en cas d’astreinte car, pour certains, elle pourrait se faire de chez soi, souligne Anne-Claude Poinso, Directrice Développement Mobilité et Collectivités de Microsoft.» 

Plus largement, le numérique favorise l’agilité des collaborateurs, en les dotant d’outils qui vont augmenter leurs compétences. En Irlande du Nord, la société de transport public Translink s’appuie sur Microsoft Project. En ajoutant la solution de visualisation interactive de données Power BI et d’autres outils collaboratifs Microsoft, le transporteur a pu gagner 25% de temps de gestion de projet par mois, avec des gains de productivité conséquents à la clé. Un atout lorsque l’on doit tirer le meilleur parti de l’argent des contribuables. 

En France, la SNCF est engagée depuis une dizaine d’années dans une transformation numérique volontaire et inclusive. La société de chemin de fer française, qui compte 270 000 collaborateurs répartis dans 120 pays, ambitionne de devenir une référence en matière de solutions de mobilité et de logistique. Elle utilise pour cela la Power Platform de Microsoft, tant pour répondre à ses enjeux d’efficacité opérationnelle que de maintenance (notamment avec l’application de réparation des trains DigiBogie). 

Sans parler des outils de développements collaboratifs, qui permettent à chacun d’être partie prenante des projets. La vélocité d’Azure a permis à de nombreux acteurs de continuer à travailler sur des projets d’envergure, à l’image d’Alstom. Cette solution permet aux 2000 ingénieurs du groupe d’utiliser des logiciels très exigeants de chez eux, même en utilisant un PC standard connecté à une liaison Internet grand public, tous les calculs et le rendu graphique étant traités par les machines virtuelles hébergées dans le cloud. La famille Azure NV fournit des capacités graphiques capables de répondre à des besoins importants de rendu 3DEn utilisant les applications et services de bureau Citrix Virtual, Alstom a réussi à déployer automatiquement à grande échelle les machines à la demande (Machine Catalog Services). 

En Malaisie, la compagnie de transport MRTC s’est appuyée sur les machines virtuelles Azure, le stockage Azure, Azure Active Directory et la recherche cognitive Azure de Bentley Systems pour relever un sacré défi : concevoir et construire l’extension de sa ligne ferroviaire régionale du Grand Kuala Lumpur. Résultat : les 1 500 ingénieurs et responsables de la construction du projet ont pu collaborer à environ 7 500 modèles et plus de 280 000 documents et dessins, soit 2,3 téraoctets de données ! Cette méthode a ainsi permis de réduire les erreurs et les conflits de conception, mais aussi d’améliorer l’efficacité de la collaboration de 35%.

« Le télétravail n’est pas réservé aux personnes n’utilisant que des logiciels de bureautique et de visio. Avec des applications disponibles en mode Cloud, des directions financières ou des ingénieurs peuvent aussi avoir accès à leurs logiciels métiers en toute sécurité ». explique encore Anne-Claude Poinso.

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      Optimiser la gestion des infrastructures et de la maintenance

Pour offrir des services de qualité, qui rassureront les voyageurs et leur redonneront envie de prendre les transports en commun, la mobilisation des collaborateurs doit se doubler d’infrastructures sans faille.  

En juillet, le gouvernement a dévoilé les chiffres mesurant l’impact du premier confinement sur l’activité des transports. Au premier trimestre 2020, le volume de la production marchande de transport a fortement reculé (- 7,6 %), après un dernier trimestre 2019 déjà éprouvé (- 5,3 %) et un contexte économique national et international toujours fébrile. Et si l’activité du secteur des transports repart au troisième trimestre, il n’a pas encore retrouvé le niveau d’avant-crise, selon des chiffres partagés par le gouvernement, fin janvier 2021.

Pour tous les acteurs du transport, l’urgence est donc double : il s’agit d’innover pour trouver des alternatives, tout en limitant les coûts. Et dans ce contexte Covid, une solution fait son grand retour : le recours au fret ferroviaire. Bien implanté en France et en Europe, le fret est non seulement un levier de décarbonation des transports, mais aussi une opportunité de travailler à la multimodalité avec les voies navigables par exemple  

Mais alors comment gérer l’augmentation de passagers et de fret ? Et comment améliorer l’efficacité énergétique déjà impressionnante du ferroviaire ? Le train fait aujourd’hui face à un enjeu clé passer d’infrastructures vieillissantes à des infrastructures intelligentes. 

Pour les acteurs historiques, cela suppose d’optimiser la maintenance de leur parc existant pour assurer une fiabilité du service. C’est en ce sens que Microsoft accompagne le réseau ferré américain BNSF ou Maersk pour le frêt maritime. C’est également en ce sens que se développent des solutions d’aiguillage intelligent et de suivi intelligent des infrastructures, comme le fait Thalès,  de maintenance par drone, comme le fait Altamétris ou encore de la formation en réalité virtuelle pour les postes très techniques, comme le fait PTC pour le constructeur Volvo, avec la technologie HoloLens 2 de Microsoft. Cela suppose aussi d’être capable de gérer une offre de transports qui s’ouvre de plus en plus à la concurrence et intègre de plus en plus d’acteurs et de nouvelles technologies. Le voyage ne fait que commencer. 

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