« Améliorer l’évaluation des politiques publiques grâce au numérique »

COLLABORATION
Temps de lecture : 6 minutes

Deux incontournables sont indispensables pour réussir à gouverner en temps de crise : disposer d’informations fiables pour prendre ses décisions, et mesurer l’efficacité de son action. Face à des enjeux de plus en plus complexes, il est nécessaire de s’appuyer sur la donnée pour améliorer l’évaluation des politiques publiques, comme l’explique Benjamin SZAMES, Responsable développement et innovations du secteur public chez Microsoft France.

 

Benjamin SZAMES
Directeur Développement Secteur Public/Central Gov chez Microsoft France – Paris, FRANCE

Fort d’une expérience de plus de 15 années passées dans le conseil auprès de grands établissements et opérateurs publics, Benjamin a rejoint Microsoft France pour s’occuper du développement des offres d’innovation pour le Secteur Public

 

Quels enseignements tirer de ces derniers mois en matière d’évaluation des politiques publiques ?

L’épidémie de Covid-19 a aiguisé les questions liées à l’efficacité de l’action publique et aux décisions prises par les pouvoirs politiques. Avec un enjeu clé : évaluer cette action pour l’affiner ou la réadapter.

A la base de toute évaluation objective, il faut des données. Or, la crise a amplifié les difficultés d’accès et de partage nécessaires aux agents, pour délivrer leurs services, et aux citoyens pour y avoir accès. Trop de dossiers sont encore conservés dans des armoires ou des parapheurs, avec des circuits de validation complexes. Et lorsque « l’armoire » est numérique, elle est souvent inaccessible à distance.

Il est nécessaire de lever ces freins en répondant aux besoins d’équipements matériels (PC, tablettes, smartphones, etc.), et en permettant l’accès à distance et le partage de ces dossiers via des accès sécurisés qui en garantissent l’intégrité et la confidentialité. Si le niveau de confiance dans les systèmes n’est pas au rendez-vous attendu, alors la transformation des usages vers des espaces de travail dématérialisés restera vaine.

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Quel est le principal enjeu selon vous ?

Nous devons faire face à des enjeux de plus en plus complexes : changement climatique, vieillissement de la population, traitement de la 5G…Cela nécessite de changer en profondeur nos modèles de gouvernance pour partager les données de manière plus fluide et transversale et sortir des silos structurés par des processus et des systèmes d’information encore trop verticalisés dans les services de l’Etat.

Avoir un tropisme « Donnée » (« Data Centric ») passe par des plateformes plus transverses et plus accessibles à tous les niveaux de l’Etat. Cela suppose aussi de s’appuyer sur les données terrain et des données non structurées (réseaux sociaux, plateformes participatives…). De nombreuses initiatives ont déjà été menées en ce sens. Il faut poursuivre dans cette direction.

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Si l’objectif est d’avoir de la « donnée », à quoi mesurera-t-on qu’une politique est efficace ?

L’évaluation n’est qu’un outil, elle aide à mieux piloter les actions politiques, à éclairer les décisions des pouvoirs publics et à informer pour ouvrir le débat. Qu’elle soit ex-ante, in-itinere ou ex-post, elle permet de savoir où on en est pour mieux faire.

Aujourd’hui, la majorité des administrations, des mairies aux ministères, rendent compte publiquement de leurs actions au travers de tableaux de bord et d’indicateurs de résultats. C’est particulièrement vrai sur les bilans de mandat en période électorale. Mais cette communication politique, pour être objective, a besoin de s’appuyer sur des données fiables.

Cependant la nature complexe des changements économiques, sociétaux, sociaux, réglementaires, etc. auxquels nous sommes confrontés en tant que citoyens nécessite d’adapter des services de plus en plus personnalisés et d’être en mesure d’en piloter l’efficacité presque en temps réel.

D’ailleurs lorsque le Conseil d’Etat cite dans son rapport « Conduire et partager l’évaluation des politiques publiques » que « le temps est une contrainte ou une condition de l’évaluation : il conditionne la prise en compte de données riches et pertinentes », il met bien le doigt sur la réelle difficulté qu’ont les administrations publiques à s’accommoder de ces nouveaux inducteurs, qui dépassent largement l’effet de la simple communication politique.

Face à ces enjeux qui se complexifient, les solutions numériques apportent de réelles capacités pour mieux servir les acteurs de l’Etat dans leurs opérations quotidiennes et dans le pilotage de leur tâche, de manière beaucoup plus agile et économique. Cela concerne de nombreuses populations :

- Les agents de l’état, avec des solutions collaboratives et sécurisées en télétravail.

  • - Les administrations, en automatisant le plus possible le traitement de leurs dossiers
  • - Les élus locaux, avec des solutions de CRM pour personnaliser leurs relations multicanales aux citoyens, ou via des outils permettant de mener des assemblées délibérantes à distance
  • - Les dirigeants politiques, avec des cockpits de pilotage pour éclairer leurs choix et ajuster les mesures prises de manière dynamique

Les progrès sont déjà visibles et le terreau est clairement favorable depuis quelques années car les solutions sont dorénavant disponibles et toujours plus performantes. Je parle ici à la fois de solutions matérielles – quand il s’agit d’infrastructures (Cloud) ou d’équipements mobiles – et logicielles – avec des applicatifs de plus en plus rapidement mis à disposition des utilisateurs et de leurs usages (On parle dorénavant de plateformes « Low Code/no Code » comme Power Apps).

Et bien sûr au-delà des outils, ce sont bien les compétences des agents pour produire et exploiter les données qui se solidifient avec l’internalisation des ressources, et de nouveaux modes de gouvernance plus transverses et agiles qui se créent entre les différents acteurs publics (administrations centrales et Collectivités).

Cette dynamique doit encore s’amplifier et s’accélérer pour continuer à offrir des services publics sans couture face au risque d’une nouvelle crise ET pour pérenniser la production d’informations « fiables ».

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Comment réussir à mettre en œuvre ces nouveaux modèles ?

Il faut que l’Etat continue à mener sa transformation numérique pour rendre plus efficace l’action publique. Cela passe par plusieurs natures d’actions auxquelles contribue Microsoft :

1/ En poursuivant les travaux autour de la gestion de la donnée sur la collecte, son traitement et sa classification. Cette orchestration ne peut se faire qu’en dotant les agents de moyens de gérer plus efficacement leurs dossiers avec des outils plus collaboratifs et des équipements plus modernes. En somme, mieux préparer les pouvoirs publics à faire face à la crise. C’est ce que montre bien l’exemple de la Mairie de Suresnes, qui s’est appuyée sur notre solution Microsoft Bookings pour planifier et gérer la distribution de milliers de masques en quelques jours, lors de la première vague de Covid.

2/ En continuant à dématérialiser les processus existants et à améliorer les parcours citoyens en automatisant les circuits administratifs le plus possible. Ainsi en mai dernier, le Réseau des acheteurs hospitaliers (Resah) s’est appuyé sur la plateforme applicative complète et sécurisée de Microsoft pour piloter et suivre la distribution des équipements de protection. La ville de Kobe a également permis de répondre aux forts enjeux d’information de sa population grâce à Microsoft Power Platform.

3/ En refondant les infrastructures techniques pour permettre d’exposer les données nécessaires au bon endroit et au bon moment, via des connecteurs automatisés et API, sans déroger aux exigences de sécurité et de confidentialité.

4/ En expérimentant à petite échelle les études d’impacts dans un modèle de « Proof Of Concept » sans engager de lourds moyens. C’est notamment le choix qu’a opéré la SNCF en testant et en adoptant des solutions de la Power platform sur quelques cas d’usage avant de les généraliser à grande échelle

5/ En entraînant des modèles prédictifs et l’IA, qui pourront servir à éclairer les choix politiques. Aujourd’hui comme le souligne la Société Française de l’Evaluation dans son baromètre 2018, seulement 11% des évaluations sont ex-ante.

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En conclusion, des politiques efficientes et une évaluation bien réussie c’est avant tout l’affaire du numérique ?

C’est un cercle vertueux : plus on produira et on collectera des données et plus on sera en mesure d’enrichir les informations utiles à la production de services publics et à leur évaluation. Il faut cependant remettre ces modèles d’évaluation « analytiques » à leur place et ne surtout pas oublier que ce sont de formidables outils d’éclairage et d’aide au choix, mais toujours au service d’une volonté politique et non l’inverse.

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Pour en savoir plus sur la vision de Microsoft sur le sujet, RDV sur  https://www.microsoft.com/fr-fr/industry/government/smart-cities

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